Manifeste: Capitalisme et Démocratie

Préambule

Les observations directes mentent rarement. Tout projet politique doit commencer par là.

Or, on est tous d’accord, la situation n’est pas géniale : pollution, guerres, faim, manque de soins, etc. C’est vrai qu’on a connu pire par le passé, mais on s’était habitués à voir les choses s’améliorer. Aujourd’hui, cette dynamique semble brisée.

L’objectif de ce manifeste est de proposer un cadre politique pour améliorer cette situation.

  • Il ne s’agit pas de revenir au “bon vieux temps”, car celui-ci n’a jamais existé.
  • Il s’agit de poursuivre le progrès.

Les obstacles sont nombreux. Ceux qui ont le pouvoir n’ont pas envie que ça change, et beaucoup craignent que le communisme ne mène qu’à la tyrannie. Résultat : on nous fait croire qu’il vaut mieux ne rien changer, ou on nous pousse vers le fascisme, ce qui est pire. Pourtant, nous avons beaucoup d’espoir. Un chemin vers le progrès existe. Il nous parait même tellement simple et direct qu’on s’étonne qu’il ne soit pas déjà pris. Ce manifeste est là pour le partager.

Note: ce document est un travail en cours, il n’est en aucun cas abouti. Nous assumons le fait de le faire vivre et de le révéler sans attendre sa complétude. Merci pour la bienveillance de vos commentaires et critiques.

TLDR

Nous sommes en 2026 - personne ne lit 10 pages pour avoir la substance. Donc la voici d’emblée.

  • Nous pensons que le capitalisme est, contre toute attente, compatible avec la démocratie et le progrès.
  • Pour cela, il faut ramener le capitalisme dans le cadre démocratique, c’est à dire l’égalité de chacun dans la décision collective (y compris économique).
  • Le coeur de nos propositions consiste à proposer des institutions qui mettent en oeuvre ce capitalisme démocratique.

Nous pensons aussi que la démocratie est le meilleur rempart contre la tyrannie. Bien sûr, d’autres systèmes existent. Mais par définition, la majorité des citoyens ne trouvera jamais qu’une vraie démocratie est néfaste pour eux. C’est un filet de sécurité de base, indispensable à nos yeux, même si cela veut dire renoncer aux avantages d’autres systèmes.

En voici quelques exemples concis des mesures que nous défendons:

  • Gouvernement (en partie ou totalement) par des citoyens tirés au sort
  • Abolition de l’héritage
  • Socialisation des médias
  • Taxation à 100% au-delà d’un seuil de revenu et de patrimoine
  • Impossibilité d’endetter l’Etat
  • Abolition de la publicité
  • Voeux d’humilité obligatoire pour accéder à un poste politique
  • Lutte radicale contre la corruption (transparence, sanctions, indépendance des procureurs, séparation des pouvoirs…)
  • Garanties fortes sur la laïcité, protection des personnes croyantes
  • L’Etat garantit un certain nombre de services (et non de droits) essentiels

Nous défendons ces mesures, mais jamais par des méthodes violentes ou contraires à la loi. Notre stratégie consiste à rechercher le consensus, et à devenir un mouvement évident.

Nous ne recherchons pas le pouvoir, simplement l’avènement d’un changement collectif, c’est pourquoi nous ne souhaitons pas être élus.

Définitions

En bons élèves, nous souhaitons commencer ce manifeste par des définitions.

  1. C’est chiant, mais rien ne vous oblige à les lire: vous pouvez directement passer à la section suivante.
  2. Vous verrez que vous apprendrez plus en lisant ces définitions que les mesures qui suivent, car elles en découlent directement.

Lutte des classes

Nous observons que les sociétés occidentales sont des sociétés de classe. Certaines personnes naissent avec plus de richesse que ce qu’aucun travailleur ne gagnera jamais. Les membres de la classe dominante ne fréquentent pas les même milieux (écoles, clubs, espaces culturels, …) que la population, et s’en tient à l’écart. La mobilité sociale est extrêmement rare.

Notre projet s’inscrit dans une tentative de réduire drastiquement les différences entre les classes sociales, et s’inscrit dans un projet égalitaire et méritocratique.

Méritocratie

La méritocratie est un terme qui veut dire deux choses:

  1. Les personnes qui travaillent dur seront recompensées
  2. Les personnes qui ont le pouvoir (kratos) sont celles qui ont eu du mérite

Notre projet consiste à faire de la définition 1. une réalité, ce qui entraine par exemple la nécesité d’abolir l’héritage. En revanche, nous pensons que la définition 2. est dangereuse, et qu’il vaut mieux que le pouvoir soit réparti à égalité, selon le concept “1 humain 1 voix” défendu par l’idéal démocratique.

On peut se demander quelle est la juste récompense pour quelqu’un qui travaille dur. Nous pensons qu’il faut une vraie récompense, car dans notre culture, c’est ce qui motive à agir. Et cette motivation est utile, car elle pousse à faire des choses qui profitent à tout le monde. Cependant, si les récompenses sont gigantesques, elles créent des inégalités qui deviennent vite néfastes. L’idée est donc de trouver le bon milieu : des récompenses assez grandes pour donner envie de s’investir, mais limitées pour éviter de nuire à la société. C’est pour cela que nous proposons la règle “1 à 5”, qu’on détaillera plus bas.

Inégalités, pouvoir et décision collective

Il y a un lien direct entre le pouvoir économique et le pouvoir politique.

  • Un investisseur qui choisit d’investir dans un secteur A (ex: la santé) plutôt que B (ex: les jeux vidéo) oriente le travail et la production vers ce secteur.
  • Un citoyen qui finance telle ou telle campagne politique, ou tel média, oriente l’opinion.
  • Un propriétaire qui choisit de bétonner intégralement son terrain contribue à l’imperméabilisation des sols.
  • Un héritier qui organise une réception somptueuse mobilise des travailleurs qui auraient pu faire autre chose de leur temps.

Ces observations ne sont pas une opinion, mais un constat factuel. Ce qui est notre opinion, c’est de dire que cela s’oppose directement à l’idée démocratique. En effet, nous pensons que le pouvoir économique est actuellement à l’origine de la majorité des décisions dans nos sociétés occidentales, et que même si une démocratie était en place par ailleurs, elle serait une démocratie minoritaire, cantonnée à un périmètre très réduit.

Notre idée politique cherche donc un équilibre simple : on doit récompenser ce qui est utile à la société, sans pour autant laisser se creuser des inégalités tellement immenses qu’une personne se retrouve avec un pouvoir très supérieur à une autre.

Note: vous ne l’avez peut-être jamais conscientisé, mais nous vivons dans une société qui approuve l’existence d’inagalités sans limites. C’est un choix aussi arbitraire que de mettre une limite.

Gauche

Le mot gauche est en perte de vitesse en France. C’est même pour certains un repoussoir. On peut le comprendre, après que des droitos notoires comme Hollande aient revendiqué cette étiquette.

De notre côté, nous pensons que le concept de gauche est strcturant, mais doit être défini clairement. Nous nous revendiquons de la gauche dans le sens défini ci-dessous, c’est à dire à travers plusieurs définitions qui posent clairement le cadre minimal pour revendiquer ce terme.

  • Définition 1 : le mouvement politique qui oeuvre pour le bien-être de chacun, à égalité (*).
  • Définition 2 : le mouvement politique qui vent poursuivre et amplifier les effets de la révolution française de 1789.
  • Définition 3 : le mouvement politique qui s’oppose aux systèmes de domination, c’est à dire à des inégalités injustes entretenues par un système.

(*) Autrement dit : on essaie de faire en sorte que le plus de gens possible aillent le mieux possible, en considérant que chacun compte à égalité. Cette vision n’est peut-être pas parfaite d’un point de vue philosophique, mais elle a le mérite de tracer une ligne claire qui exclut les idées de droite de notre approche.

Note : nous sommes ici en contradiction avec l’analyse de Frustration Magazine, que nous saluons néanmoins, et dont nous considérons sérieusement les idées.

Droite

  • Définition 1 : le mouvement qui cherche à légitimer et à amplifier des systèmes de domination, c’est à dire à des inégalités injustes entretenues par un système.
  • Définition 2 : le mouvement qui cherche à freiner, voire à faire reculer, les effets de la révolution française de 1789.
  • Définition 3 : le mouvement qui sert l’intérêt d’une minorité, au détriment de l’intérêt général - ceci étant justifié par une hiérarchie (en importance) des bien-êtres de certains.

J’aimerais détailler cette troisième définition, pour vous faire réfléchir.

Il est souvent admis que si nous devons choisir entre le bien-être de nos enfants, celui de nos voisins, celui de nos concitoyens, ou celui d’illustres inconnus, nous choisirons celui de nos enfants. Cette idée repose sur le fait qu’il y a une hiérarchie : chacun privilégiant celui ou celle qui lui est proche. Néanmoins, si on prend du recul, on sent bien que cette tendance à petite échelle est néfaste à grande échelle pour l’intérêt général.

Les idées de droite reposent généralement sur le fait de légitimer, en les naturalisant, ces préférences locales qui rendent le monde globalement moins chouette. Les idées de gauche, elles, nous enjoignent à lutter contre notre premier instinct égoiste, en prenant conscience du fait qu’un meilleur monde est possible si chacun élargit son champ de préoccupation, au-dela de son petit monde personnel.

A notre avis, cette expérience de pensée est la clé pour comprendre bon nombre d’arbitrages entre le Bien et le Mal, dans un sens non religieux et plutôt intuitif. Plus on agit pour soi et pour soi seul, par opposition à l’intérêt général, plus on agit mal. Evidemment c’est une intuition un peu grossière, mais si vous relisez les définitions ci-dessus, vous verrez qu’elle aide à comprendre pourquoi les idées de gauche (telles que définies ci-dessus) sont du côté du bien.

La conséquence de cela, c’est aussi que - évidemment - bon nombre de régimes tyranniques qui se sont revendiqués du communisme ou de la gauche étaient, en réalité, selon nos définitions, des mouvements de droite. On peut ainsi nous reprocher d’utiliser des définitions hors sol, décalées de la réalité (c’est une bonne critique), mais nous pensons qu’en pratique, dans le monde réel, la plupart des personnes qui se disent de gauche se reconnaissent dans les valeurs correspondant aux définitions ci-dessus ; elles sont donc pertinentes pour définir notre projet.

Note: par facilité, nous désignons les personnes comme étant de gauche ou de droite. C’est évidemment bas de plafond. On a des idées, plus ou moins nuancées, qui peuvent changer dans une vie.

Bénéfique / néfaste, intérêt général et bien commun

L’idée du bien commun, ou de l’intérêt général, est un concept qu’on entend tout le temps en politique (même à droite). Du coup, on peut vite avoir l’impression que c’est une formule un peu vide qui ne veut plus dire grand-chose.

Pour nous, la bonne définition revient à chercher comment faire pour que le plus de gens possible aillent le mieux possible, en considérant que la situation de chaque citoyen compte à égalité.

  • Bien commun : somme des bien êtres individuels, à égalité
  • Bénéfique : qui augmente le bien commun
  • Néfaste : qui diminue le bien commun
  • Intérêt général : synonyme du bien commun

Cette approche est critiquable, car elle est compatible avec l’opression d’une minorité par une majorité, mais aussi parce qu’elle laisse un flou sur comment on “mesure” le bien-être individuel. Nous pensons que toute tentative de clarifier ces concepts présente le risque de perdre le recul et le discernement nécessaire pour prendre de bonnes décisions politiques, car nous ne sommes pes des machines, et la mécanisation de la politique conduit le plus souvent au pire.

Ces définitions sont donc simplement un point de départ, pour comprendre ce qu’on veut dire par intérêt général, et pour se méfier de ces termes utilisés par les droitos (qui souvent signifient en réalité le bien de la bourgeoisie).

Capitalisme

Le capitalisme est souvent défini comme la propriété privée des moyens de production.

  • C’est différent du marché : on peut avoir une économie avec une monnaie, des échanges, etc… mais pas capitaliste.
  • Ce qui caractérise le capitalisme, c’est qu’une personne tire des devenus en ne faisant rien, après qu’elle a préalablement apporté des capitaux dans une société.

Ce système n’est pas la seule option possible. On pourrait très bien imaginer une économie où les consommateurs paient à l’avance pour financer la production. Ou bien une économie où les entreprises se financent uniquement par la dette : une banque ou un citoyen prête l’argent, et une fois qu’elle a remboursé, l’entreprise redevient totalement libre.

Notre projet politique défend le capitalisme car nous trouvons que c’est un mode de financement qui marche plutôt bien. Comme il est au cœur de notre société, c’est aussi compliqué de tout remettre à plat. Surtout que, selon nous, ce qu’on reproche souvent au capitalisme, c’est en fait la faute des inégalités et du manque de démocratie. Nous proposons donc de garder un système capitaliste, mais avec des règles très protectrices.

Socialisation

Pour décrédibiliser la gauche, on l’accuse souvent de vouloir tout concentrer entre les mains de l’État, notamment en nationalisant des entreprises. C’est malheureusement une critique fondée : des partis dits de gauche l’ont fait. Pourtant, ça n’a rien de gauche. L’État reste un outil de la bourgeoisie, sans réel contrôle démocratique. Et même dans une vraie démocratie, il y a bien mieux que l’étatisation : la socialisation.

Socialiser, c’est mettre une institution sous le contrôle direct de la population (cela peut être ses usagers, les citoyens, etc… selon les cas).

Nous sommes convaincus que la socialisation a un énorme avantage sur l’étatisation : elle garantit l’indépendance vis-à-vis de l’État. C’est peut-être bête à dire, mais l’État peut changer de mains très vite, que ce soit par une élection ou un coup de force. Si nous croyons vraiment que le peuple est capable de se gouverner (ce qui est la base de la démocratie), alors il faut socialiser. L’idée est de créer des organes qui sont totalement indépendants les uns des autres, et indépendants de l’État.

Démocratie

Election et représentation

Il y a plusieurs définitions de la démocratie, mais ce qui est sûr, c’est qu’aucune définition raisonnable ne doit inclure l’élection de “représentants” “compétents”.

Ça fait environ 200 ans qu’on appelle “démocratie” un système où l’on élit des gens. Dans ce système, des membres de la bourgeoisie se font appeler “représentants” du peuple, même si on sait très bien qu’ils ne sont pas du tout représentatifs de la population (ni par leur âge, ni par leur milieu social, etc.). Pourtant, pendant plus de 2000 ans, le mot démocratie voulait dire tout autre chose. En bref, nous vivons dans une parenthèse de l’histoire où le sens de ce mot a été complètement détourné.

Pour le comprendre, on peut se taper un livre comme celui de Bernard Manin (pas mal mais dur à lire), mais il y a plus simple: regarder la racine du mot.

  • Demos = peuple
  • Kratos = pouvoir
  • Aristo = meilleur

Une élection vise à nommer le meilleur. C’est un principe aristocratique par définition.

Tirage au sort

Mais alors qu’est-ce qu’une démocratie ? Comment on la met en oeuvre ?

  1. Option 1 : la démocratie directe, où tous les citoyens prennent les décisions ensemble.
  2. Option 2 : la démocratie par tirage au sort. On sélectionne un grand groupe de citoyens au hasard pour prendre les décisions. La loi des grands nombres garantit que ce groupe sera vraiment représentatif de toute la population.

Dans ce manifeste, nous défendons la deuxième option. Son gros avantage, c’est qu’elle fonctionne parfaitement même dans les très grands pays. Et elle n’oblige pas chaque citoyen à passer un jour par semaine à débattre des lois. C’est même le système qui s’adapte le mieux à une grande échelle. À l’inverse, les élections marchent bien quand on connaît les gens (comme dans un village ou un club), mais elles échouent complètement pour diriger un pays. À cette échelle, les escrocs arrivent souvent à se faire élire justement parce qu’on les connaît peu ou pas du tout.

Limites de la démocratie

La démocratie a de nombreux défauts. Une des voix anti-démocratiques à gauche serait par exemple Lagasnerie. Ceci dit, nous pensons qu’un cadre propice à son exercice (socialisation des medias par exemple) permettrait de faire fonctionner ce système. Nous pensons également que sa vertu #1 (empêcher une minorité de dominer une majorité) est extrêmement précieuse, et doit être une qualité minimale non négociable de tout système politique (même si ça ne suffit pas pour faire un bon système).

Nous pensons que le capitalisme et la démocratie seront un jour démassés, mais que pour commencer, nous pouvons déjà les mettre en place sous leur meilleure forme, ce qui nous donnera une base pour imaginer la suite.

Propositions concrètes

Cette section condense nos propositions. Elle se veut concise, et s’appuie sur les définitions qui précèdent.

Sources: la plupart des idées ne sont pas de nous. Nous ne citons pas toujours leurs autrices ou auteurs, un peu par manque de culture, et un peu parce que c’est pas le sujet.

Tirage au sort

Nous souhaitons que le tirage au sort soit utilisé pour nommer les décideurs.

  • Etape 1 : les membres du sénat sont intégralement tirés au sort, et non plus élus par des intermédiaires.
  • Etape 2 : une chambre additionnelle est créée, avec des citoyens tirés au sort, avec pour seul pouvoir celui de déclencher des référendums et/ou de dissoudre l’assemblée.

Il faut bien sûr définir comment accompagner les personnes tirées au sort, pendant leur mandat et après (pour leur retour à la “vie normale” une fois leur mandat de décideur terminé). Le but est de s’assurer qu’elles restent impossibles à corrompre et qu’elles ne se transforment pas en une nouvelle élite coupée de la réalité.

Abolition de l’héritage

Nous proposons d’abolir l’héritage, afin de réduire les inégalités de départ.

  1. Tout citoyen commence avec la même somme d’argent, qui lui est versée en trois fois à 18, 22, et 24 ans.
  2. Cette somme est financée par les patrimoines des personnes décédées (dont le patrimoine est taxé à 100%).
  3. Les patrimoines inférieurs à 2,5 fois le patrimoine médian (environ 500 k€ actuellement) sont exonérés de cette taxe.

Il faut bien expliquer ce troisième point. D’un côté, nous voulons que les gens aient envie de travailler, et pouvoir transmettre son argent à ses enfants est une bonne source de motivation. D’un autre côté, cette motivation ne peut pas justifier qu’on laisse des écarts de richesse gigantesques se creuser. Nous avons donc choisi ce plafond de 2,5 fois le patrimoine médian pour trouver un équilibre entre ces deux idées.

Socialisation des médias

Les médias ont un pouvoir politique majeur. Pour garantir une information de qualité, indépendante de l’État et des puissances financières, nous proposons de créer un statut de “société de média à but non lucratif” :

  1. Non-lucrativité : L’information n’est pas une marchandise. Aucun dividende ne peut être versé ; tout l’argent généré sert à produire de l’information.
  2. Gouvernance démocratique : Le pouvoir de décision n’est plus proportionnel à l’argent investi (“une action = une voix” est aboli). La gouvernance est medias est assurée par une assemblée mixte composée des travailleurs du journal et de citoyens tirés au sort.
  3. Financement citoyen : Les subventions de l’État sont remplacées par des “votes citoyens”. Chaque citoyen décide à quel(s) média(s) d’information il alloue une part fixe de ses impôts. Le financement repose ainsi sur ce choix démocratique, complété par les abonnements et les dons.
  4. Medias d’Etat : L’Etat est dans l’interdiction de contrôler un ou plusieurs médias. Voir la section sur la socialisation.

Ces mesures doivent protéger les citoyens contre une corruption des médias.

Taxation à 100% au-delà d’un seuil de revenu et de patrimoine

L’argent donne du pouvoir. Et si ce pouvoir est trop énorme et concentré sur une seule personne, ça va directement contre le principe démocratique. C’est pourquoi nous proposons :

  • Les revenus qui dépassent X fois le revenu médian sont taxés à 100%.
  • Le patrimoine qui dépasse Y fois le patrmoine médian est taxé à 100%.

Les valeurs de X et Y sont soumis à délibération démocratique. Nous proposons la valeur 5 comme base de discussion, considérant qu’un équilibre entre motivation à travailler et risque de nuisance se situe autour de ce seuil.

Impossibilité d’endetter l’Etat

Contrairement à une partie de la gauche, nous pensons que les dettes de l’Etat bénéficient à la bourgeoisie. D’ailleurs, les partis de droite au pouvoir ont tendance à accroitre les dettes de l’Etat. Nous proposons d’interdire le financement par emprunt des dépenses de l’Etat.

Nous ne savons pas exactement comment il faudrait gérer cette transition (annuler les dettes, les réduire petit à petit…), mais nous sommes convaincus que l’État doit garder sa liberté d’action. Ce n’est pas possible s’il doit sans cesse plaire aux marchés financiers pour continuer à emprunter.

Nous ne sommes pas opposés à ce que des sommes d’argent soient levées par l’Etat, auprès de la population. Il y a un mécanisme pour ça : l’impôt.

Abolition de la publicité

La publicité est soit inutile (auquel cas autant la retirer), soit elle nous influence (auquel cas elle est nuisible). Elle nous pousse à consommer plus, ce qui est néfaste pour l’écologie, pour notre santé, et pour notre balance commerciale. Nous proposons donc d’interdire la publicité, purement et simplement.

Voeux d’humilité obligatoire pour accéder à un poste politique

Par humilité, nous voulons dire une vie sans pouvoir financier.

  • Toute personne prenant un rôle politique clé doit renoncer, à vie, à posséder un patrimoine suppérieur à X.
  • Toute personne prenant un rôle politique clé doit s’engager à une transparence totale sur son patrimoine et ses activités financières, à vie.

Ces critères sont pour nous incontournables si on recherche la probité. Nous ne croyons pas que les personnes compétences sont rares, donc si certains sont rebutés par cette perte de potentiel économique et de vie privée, qu’ils ou elles aillent faire autre chose, c’est pas grave.

Lutte radicale contre la corruption (transparence, sanctions, indépendance des procureurs, séparation des pouvoirs…)

Nous sommes favorables à la mise en oeuvre de toutes les mesures anti-corruption qui font consensus aujourd’hui.

  • Indépendance des procureurs

Garanties fortes sur la laïcité, protection des personnes croyantes

  • Nous croyons dans une séparation claire du pouvoir Etatique et de la religion.
  • Nous protégeons les personnes croyantes contre toute discrimination ou marginalisation, et nous veillons à garantir la liberté de conscience et de culte.

C’est la base.

Garantie d’un certain nombre de services (et non de droits) essentiels

Les services essentiels et vitaux doivent être garantis constitutionnellement, et soustraits du marché. Pour cela:

  • Indépendance de la sécurité sociale (budget, fonctionnement) de l’Etat (comme ça aurait toujours dû l’être)
  • Création d’une sécurité sociale de l’alimentation
  • Création d’une sécurité sociale de l’éducation

L’idée est de socialiser les services essentiels : l’argent sert à se payer l’exceptionnel, et donc à se motiver à travailler. Il ne sert pas à survivre, où à priver de la survie.

Même bâteau

Nous voulons une société où tout le monde est dans le même bâteau. Actuellement, c’est tout le contraire : la bourgeoisie vie dans un espace à part, et essaie d’amplifier cette séparation.

  • Interdiction de créer des “cliniques de riches” ou des “écoles de riches” : c’est la même sécurité sociale (voir ci-dessus) qui s’applique à tous
  • Interdiction de freiner activement la mixité sociale (comme le font certaines communes par exemple)
  • Interdiction de partir avec son fric pour s’exiler fiscalement (*)

(*) Précision : évidemment qu’une personne peut partir, c’est sa liberté. On a le droit de vouloir quitter le pays, et d’ailleurs s’il devient mal géré ou dangereux, il serait honteux de fermer la porte à qui que ce soit. En revanche, si la personne revient, pour revoir un César ou pour des vacances, c’est qu’il ou elle a décidé qu’on reprenait la vie commune : les taxes qui nous reviennent seront prélevées, et elle ne pourra pas repartir sans cela (prison s’il le faut). Faut pas abuser.

  • Protectionnisme de l’éducation : Pour la même raison, les travailleurs issus d’une scolarité dans le pays, et qui décident de partir à l’étranger, devront payer une taxe (minime) pour compenser le fait que leurs concitoyens les ont formés et qu’ils ou elles ont décidé d’aller mettre leur expertise au profit d’autres (c’est très raisonnable sachant que l’école n’est pas gratuite ailleurs). Symétriquement, pour encourager les travailleurs étrangers à venir travailler en France, leurs impôts seront réduits du même montant que la taxe ci-dessus (pour leur permettre de rembourser un éventuel prêt fait dans leur pays, ou bien une taxe similaire à celle que nous pratiquons).

Stratégie politique

Non violence

Nos actions sont non-violentes, c’est à dire que nous ne faisons aucun mal aux personnes. Nous sommes également contre la brutalité, et ne ferons jamais d’actions impliquant des dégradations ou des nuisances matérielles. Ce principe est fondamental pour nous, car stratégique : la seule chose qu’on puisse nous reprocher, ce doit être nos idées.

C’est pour cette raison que nous tenons à la légalité de nos propos, actions, et engagements de tout genre. Les personnes qui se revendiquent de ce mouvement et contreviennent à ce principe sont par définition des menteurs, puisqu’en se comportant ainsi ils s’excluent du mouvement - auquel ils n’ont jamais sincèrement cru s’ils en viennent à contredire ce principe essentiel.

Ces principes rendent notre mouvement vulnérable face à la censure ou à la tyrannie. C’est un choix assumé. Si la loi nous y force, nous disparaîtrons, c’est la règle du jeu. D’autres feront différemment, avec d’autres méthodes, mais ce sera leur projet, pas le nôtre. On n’a pas tous besoin d’avoir la même approche.

Humilité

On pense que les gens n’en peuvent plus des grandes gueules qui ont réponse à tout, ne s’excusent jamais et ne reconnaissent jamais avoir tort. De notre côté, nous nous engageons à admettre et corriger nos erreurs, et à dire franchement quand on ne sait pas ou qu’on n’est pas sûrs. C’est la base de l’éthique. Pourtant, comme c’est très rare en politique, on sera sûrement tentés de l’oublier parfois : ce sera à vous de nous ressortir ce paragraphe quand ça arrivera. Et on aura l’air bêtes, ça devrait nous calmer.

Ne pas être élus

Nous ne pensons pas utile de prendre le pouvoir pour faire grandir nos idées. Nous pensons que rester des “intellectuels” suffit, et que si la population adhère à nos idées, l’offre politique suivra. Cela nous permet ainsi de n’avoir aucune ambition, et de ne pas perdre de temps avec les appareils politiques.

Position vis à vis d’autres mouvements

Par rapport aux communistes

Nos propositions ne sont pas communistes. Nous ne défendons “même pas” la fin de la propritété privée des moyens de production. Cependant, nous reconnaissons dans le communisme, au moins théorique, un horizon souhaitable et enrichissant. Nous pensons néanmoins qu’il est trop difficile pour la population de souhaiter le communisme aujourd’hui, compte-tenu de l’histoire des régimes qui se sont dits communistes (certains n’étaient même pas de gauche), de l’instabilité que ce changement implique, et de la propagande.

Voilà tout le mal que nous disons des communistes, que nous considérons comme des amis, et à qui nous souhaitons tout le succès possible ; en espérant que nous y contriburons.

Par rapport aux souverainistes

Nos propositions ne sont pas souverainistes - au sens où nous ne croyons pas dans l’identité nationale et encore moins étatiques. Nos idées sont démocratiques. Les souverainistes sincères se diront peut-être que c’est la même chose : qu’ils nous rejoignent. En réalité, nous pensons que ça n’arrivera pas, car l’essentiel des souverainistes sont en fait la droite alternative, qui verra bien dans nos propositions un éffacement des inégalités, chose qu’ils détestent.